Rêverie musicale dans le Tarn à travers le Sidobre

Amateurs de grande musique, en séjour aux Chalets du Gua des Brasses à la Salvetat-sur-Agoût… laissez-vous tenter par une virée à travers les rochers granitiques du Sidobre dans Tarn.

En passant par Brassac, en haut du vieux pont médiéval, tout près du château, j’ai alors pensé à un menuet. En regardant la rivière qui s’écoule en contrebas, sa mélodie m’a évoqué le chant des troubadours.
Un peu plus loin, après Saint-Salvy, c’est un petit vent dans les branches des chênes et des châtaigniers qui m’a joué un air de lyre ou de harpe.
Un gigantesque chapeau de Napoléon, tout à fait dans le style de l’empire a titillé mon imagination. La Marseillaise pour la révolution, une petite valse pour la mère de l’aiglon et une rigoureuse marche militaire pour les dragons.
J’arrive à Burlats, le donjon de la reine exilée m’émeut. L’histoire est romantique à souhait, l’endroit est bucolique. J’oscille entre la joie de vivre qui se dégage des lieux et du drame qui s’y est déroulé. Depuis les fenêtres en vitraux de sa cage dorée, elle a vu la rigueur d’un hiver, la douceur d’un été, les charmes de l’éveil printanier et la sublime beauté mélancolique d’un automne, je m’illustre parfaitement les quatre saisons de Vivaldi.
En remontant, le saut de la truite ne peut qu’évoquer celle de Schubert.
La chevauchée des Walkyries m’émerveille, face aux divers chaos, comme par exemple, celui de la Balme.
Plus tard, lors d’une petite ballade du Roc(k) de l’Oie à celui des trois fromages, je songe à de multiples légendes et me vient en tête l’une d’elle, qui a marqué bien des enfances, Pierre et le loup et l’inoubliable morceau de hautbois créé par Prokofiev, rimant parfaitement avec les sous-bois des alentours.
Peyro-Cabado, une grosse masse noire tenue en respect par un mince et élégant rocher, un taureau trapu puissant et fier face à un orgueilleux torero. C’est parti pour Carmen de Bizet.
Une petite pause au lac du merle me fait alors songer que si on est loin de celui des cygnes de Tchaïkovski, un petit air de musette pour coïncider avec celle du pique-nique ne serait pas de refus.
Un petit aller-retour rapide vers le rocher tremblant des sept-faux, une alerte mamie fait trembler, à l’aide d’un levier, plusieurs tonnes de granit. Je trouve l’image très Jazzy. Tel un Dizzy Gillespie en herbe, me voilà à improviser, en cadence sonore et saccadée, un solo aussi incongru que mélodieux et rythmé. Je m’attarde un petit peu trop et mes gosses impatients de faire leur propre « impro» me passent un saxo.
A regret, je cède ma place.
Si vous n’êtes pas lassés par la voiture, remontez sur le plateau en prenant la direction de Lacaune. Pas loin du col de la Bassine, garez la voiture. Descendez le sentier de l’enfant sauvage. Arrêtez-vous au rustique xylophone géant, et faites vous plaisir à marteler à loisir, en essayant de vous intégrer à la symphonie du torrent et de la forêt, ou simplement lâchez-vous, et FAITES DU BRUIT !

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