Enjoying birds at Les Chalets du Gua des Brasses

Je reviens de la boulangerie du village. J’ai un petit creux donc je coupe quelques fines tranches de ce délicieux pain, croustillant à souhait. C’est un véritable plaisir gourmand. Toute la famille picore autour de moi. Ma fille prend carrément une tranche si grosse qu’elle ne sera pas loin d’être son repas tout entier.

Afin de réutiliser la planche à découper, mon épouse, totalement irresponsable, s’apprêtait à jeter les miettes à la poubelle. Je m’insurge, tel un « Dersou Ouzala »* des temps modernes. Ces miettes-là sont bien plus précieuses, notamment pour la multitude de petits oiseaux en tout genre qui ne cessent de voleter autour de l’agréable terrasse de notre gîte loué pour la semaine aux Chalets du Gua des Brasses.
Le sol est recouvert de petits morceaux de pain. Le spectacle ne se fait pas attendre.

Tout de suite sont au rendez-vous mésanges, moineaux et pinsons. Notre présence ne les dérange guère. Ils sont visiblement trop affamés pour véritablement s’en préoccuper. Ils sont mignons à croquer mais ce n’est pas pour autant que la loi de la jungle n’est pas en vigueur. C’est parfois le plus fort qui gagne, mais le plus souvent c’est le plus rapide ou le plus rusé. On n’hésite pas à se « voler dans les plumes » et les « prises de becs » sont fréquentes.

                                                                

Par le jeu de la luminosité, la baie vitrée fait office par endroit de miroir. Ça déplaît fortement à l’un d’eux qui se bagarre avec son propre reflet, pensant sûrement avoir à faire à un adversaire tout aussi belliqueux que lui-même. Je dirais que le bref affrontement se termine sur un match nul. Chacun repart de son côté. Le fier petit piou-piou est, en tout cas, visiblement très content d’avoir mis son ennemi en déroute. Mon fils et ma fille n’en peuvent plus de rire… Le spectacle ne manque pas de charme, d’une simplicité que seule la nature sait fournir à celui qui sait l’observer.

Avec son téléphone mon épouse essaie de jouer à la photographe animalière, mais la linotte est facétieuse. Se rapprocher les fait voltiger davantage encore. Se reculer ne donne pas de très bons clichés. De plus, la luminosité n’est pas facile à capter tant il y a du mouvement.

C’est alors que me vient une idée. Nous avons avec nous l’indispensable outil de toute bonne famille moderne en vacances, un sommet de la haute technologie : une perche à selfie. En fait, je trouvais que l’emmener avec nous était inutile et qu’elle allait nous encombrer plus qu’autre chose. Mais mon épouse a considéré qu’elle pourrait avoir son utilité pour faire des photos de famille.
Bien que fort peu convaincu, je me suis résigné car avec l’âge et l’expérience, j’ai appris qu’il y a en ce monde deux choses contre lesquelles l’homme ne peut absolument rien : les catastrophes naturelles et les décisions de sa femme…

L’idée porte tout de suite ses fruits. Son bras ainsi rallongé, elle peut avoir tout un tas de perspectives nouvelles. La dame, rusée, combine avec le retardateur, elle optimise ses placements et en seulement quelques petites minutes j’ai l’impression qu’elle a fait ça toute sa vie.
Plusieurs images sont floues et inutilisables mais d’autres sont assez saisissantes. Prises au sol ou à la volée, avec en toile de fond les collines, le lac ou la forêt, il y a vraiment de très belles photos, particulièrement réussies. J’en repère même une qui fera un très bon fond d’écran pour me souvenir de cet agréable instant lorsque je serai de retour au travail.
A plusieurs reprises la perche a servi de perchoir, provoquant l’hilarité générale.
C’est ainsi qu’avec quelques miettes de pain, une multitude de petits oiseaux tous aussi mignons les uns que les autres et donc un gadget qui a enfin trouvé une autre utilité que celle de pouvoir nous photographier nous-mêmes, nous avons passé un excellent moment de détente familiale avant de passer à table.

Ma femme, très fière d’elle, a conclu : « tu vois qu’on a bien fait de l’emmener… ». C’est d’une logique imparable.

Livre disponible à l’accueil des Chalets du Gua des Brasses « LES OISEAUX du Parc naturel régional du Haut-Languedoc »

 

*https://fr.wikipedia.org/wiki/Dersou_Ouzala_(livre)