Langage fleuri sur les chemins de la montagne héraultaise

Découvrir la richesse de la flore locale en faisant du VTT, un autre intérêt de séjourner aux Chalets du Gua des Brasses sur les hauteurs de l’Hérault.

Le temps est clément en cette fin de matinée. Je propose une petite balade en vélo, histoire de s’ouvrir l’appétit et se dégourdir les jambes. Je n’ai guère de succès. Ma fille, qui regarde un dessin animé, me fait « chut ». Je prends ça pour un non. Mon fils, qui lui joue à je ne sais quel jeu sur sa tablette, me sort sa traditionnelle réponse valable pour se brosser les dents, aller au lit, ou faire ses devoirs : « après ». Un de ces quatre faudra que je la sorte à mon boss…

Mon épouse, qui prend le soleil sur la terrasse tout en bouquinant, me dit donc qu’elle est obligée de rester afin de garder les enfants. A son radieux sourire je peux comprendre que cela ne la dérange pas du tout, bien au contraire…
Je pars donc seul sillonner les sentiers. Je n’ai du reste guère insisté car de temps à autres j’apprécie aussi les moments où je me ressource à mon rythme et à mon allure, c’est à dire pas trop vite.
Je viens de gravir ce que certains osent appeler un « faux plat ». En ce qui me concerne, c’est en fait une « vraie côte »…

Tandis que je marque une petite pause, histoire de reprendre mon souffle, je laisse mon regard se perdre dans la beauté du paysage.
La pâture au bord de laquelle je me trouve est une véritable palette d’artiste peintre. Elle est en effet colorée de multiples fleurs, petites et grandes, diverses et variées. Je reconnais la pâquerette, les boutons d’or, le traditionnel gentil coquelicot… Il y a également des pissenlits, des marguerites, mais je suis incapable de ne serait ce que dénombrer les variétés différentes.  Beaucoup d’entre elles me sont inconnues. Je me contente d’en apprécier la beauté, à la fois éphémère et intemporelle…

De retour au chalet, je me désaltère d’un grand verre d’eau pétillante, de la « Salvetat » cela va de soi… C’est alors que je me souviens d’un petit fascicule que nous avions récupéré à la maison du parc à Saint-Pons de Thomières. Je me laisse donc conter fleurette et découvre l’étonnante biodiversité de la flore locale.  J’essaie d’identifier les petites fleurs que j’ai eu le plaisir de contempler il y a quelques instants et dont quelques unes figurent également dans notre actuel champ de vision.
Rien que des noms,se dégage de la poésie. Ainsi une petite plante que l’on pourrait aisément ne même pas remarquer tant elle semble se faire discrète est une Capselle bourse à pasteur. Allez savoir pourquoi…
Ce que j’avais pris pour un simple chardon est une Carline à feuille d’acanthe, aussi nommée Cardabelle, que les anciens plaçaient parfois sur le pas de leur porte afin qu’elle apporte bonheur et protection. Elle servait même de baromètre…
Pas aujourd’hui, mais lors d’une précédente promenade, j’avais bel et bien remarqué celle-ci, près d’un petit étang aux rives marécageuses : c’est une Drosera à feuilles rondes, l’une des rares plantes carnivores de nos latitudes !
D’autres dénominations évoquent la mythologie, à l’instar de l’Adonis goutte de sang, donc rouge, qui proviendrait du Dieu du renouveau de la nature… Excusez du peu…
J’ai un regain d’intérêt lorsque je lis Genévrier cade mais, en fait, ce n’est pas lui que l’on utilise pour faire une sorte de Genepi local, mais l’Anthyllis des montagnes.
De celle-ci on en voit partout, il s’agit du plantain, autrefois bien connu des apothicaires qui soigne aussi bien les piqûres d’insecte que la toux et la bronchite.

Dans les nombreuses chênaies, si vous apercevez une jolie fleur mauve, dite Laurier Saint-Antoine, vous pouvez en faire une infusion analogue au thé… Cela dit, dans les couleurs violacées on trouve également la Digitale pourpre, le Muscari à toupet, la Véronique officinale, la Dent-de-chien, ou encore l’Ophrys bécasse, et j’en passe.

                                      

Personnellement j’en étais alors resté à la traditionnelle violette si chère au cœur des Toulousains.
Il se dégage même de la sensualité de certains noms. Ainsi sur les murs en pierre ou au creux des rochers, vous aurez de fortes chances d’apercevoir le Nombril de Vénus.
Je cesse là mes descriptions car mon épouse vient de prendre une excellent initiative en préparant un bon petit plateau de charcuteries et de fromages de pays en guise d’amuse-bouche pour l’apéritif… Je n’ai donc plus qu’à déboucher une bonne petite bouteille de Muscat de Minerve bien fraîche à moins que je n’opte pour le goût fruité et corsé d’un vin rouge de schiste de Faugère ou de Saint-Chinian… Avouez que le choix est difficile.  

Pour en savoir plus :

Carnet flore édité par le Parc naturel régional du Haut-Languedoc

Pour réserver votre chalet au cœur de la nature et du Parc régional naturel du Haut-Languedoc :www.guadesbrasses.com