Le lac de la Raviège dévoile ses dessous…

Afin de pouvoir réaliser d’importants travaux de maintenance sur le barrage hydro-électrique de la Raviège, le niveau du lac a été abaissé de plus de 9 mètres. Certes la plage des Bouldouïres sera asséchée pendant la saison estivale 2014, mais s’y promener ne manque absolument pas de charme.
L’occasion est même tout à fait exceptionnelle.
L’ancien cours de l’Agout apparait nettement. On redécouvre la rivière, ses rapides, ses cascades. Le sol offre alors une étonnante palette de couleurs : sable, argile, ocre, dorées… Des souches encore partiellement enracinées, aux formes étranges et intrigantes titillent l’imagination.
Le vaste espace ainsi libéré offre une immense plage qui donne envie de galoper, courir ou s’étirer au grand air. C’est vraiment génial pour faire du cross à pied ou en vélo.
Des chemins refont surface. En suivant le fil de l’eau, on atteint même un passage, jadis nommé « Pont de Calas ». En fonction des divers niveaux de la rivière, celui-ci peut parfois être emprunté. Petite anecdote, notre hameau s’appelle le « Gua des Brasses ». En langue d’« Oc », le gua (prononcer « Goua »), signifie le gué. Il existait donc autrefois bel et bien un passage à gué, mais son exacte localisation s’est, semble-t-il, égarée, y compris dans la mémoire collective du plus ancien des villages.
Il faut se montrer attentif afin d’observer les traces plus ou moins fraîches que nous laissent les animaux sauvages comme le chevreuil, le blaireau, le renard et même parfois le sanglier et ses marcassins. En se montrant silencieux, on peut voir les nichées de canards, entendre le chant des geais et admirer l’envol des cormorans.
Les amateurs de pierres, roches, cailloux et minerais en tout genre peuvent se régaler. On en trouve de toutes les formes, de toutes les couleurs, de multiples variétés allant du granit rose à la roche volcanique. Des rochers impressionnants par leur taille séduisent par leurs couleurs variées et patinées par le temps et les eaux riches en sédiments qui les ont baignés pendant plusieurs décennies. On découvre des objets de diverses périodes allant d’une banale chaussure perdue par un enfant à une vielle fourche égarée par un paysan.
Ailleurs, on peut jouer les explorateurs sur les îles Rebondines auxquelles on peut accéder à pied, ce qui est impossible lorsque le niveau d’eau est à son maximum.
En d’autres endroits, sur chaque rive, on peut explorer d’anciens appontements, des bâtisses submergées. On se plaît à jouer les archéologues en herbe. En fouillant à peine on retrouve des morceaux de vaisselle, de faïence, d’ardoise, de métaux oxydés. On peut imaginer la vie des gens d’époques diverses en ces lieux, sacrifiés pour satisfaire nos besoins en énergie. Il se dégage une forme de magie, un sentiment étrange empreint de nostalgie et de curiosité.
De vastes plages de sable fin parsemées de rocailles et bordées de falaises escarpées côtoient la verdure des prairies et des forêts.
On jalouse presque les heureux veinards possédant des appontements privatifs, de vrais petits paradis, qu’ils ont su aménager avec goût, ainsi qu’une bonne dose de patience et de courage.
Il est souhaitable et citoyen d’avoir un comportement discret et courtois afin de ne pas déranger les riverains mais également de ne pas altérer la nature sauvage qui se dévoile à nous sous un nouveau visage.
Nous ne reverrons pas de sitôt le lac sous cet aspect. Il ne nous fera pas oublier la joie, dès l’été prochain, d’une petite séance de bronzage après une bonne baignade à la plage dite des Bouldouïres.

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