Les animaux n’en font qu’à leur tête aux confins de l’Hérault et du Tarn !

Le temps est clément en cette belle journée presque estivale. Une légère brise fait chanter le sous-bois. Le soleil, parfois un peu capricieux, joue les éclairagistes. La nature nous gâte.
Quelques furtifs craquements viennent subitement se mêler à ce bucolique « son et lumière ». Tandis que les bruissements se rapprochent, presque par réflexe, nous nous dissimulons furtivement, mon épouse et moi, au creux d’un taillis de houx.
Deux mignonnes petites bêtes étranges apparaissent en premier. Ce sont des marcassins, bientôt rejoints par le reste de la famille. Une bonne petite douzaine de sangliers de tous âges et toutes tailles confondus traversent le chemin sans s’affoler ni s’attarder.
Le vent qui nous faisait face nous avait certes quelque peu gêné dans l’ascension de la colline mais il nous devient salutaire en emportant notre odeur loin derrière nous.
Je ne suis toutefois pas spécialement rassuré face à l’importante masse sombre de celui qui visiblement est le chef de famille. D’un seul grognement rauque, il fait disparaître dans les buissons toute la petite troupe aussi rapidement qu’elle est apparue.

Drôlement efficace. Il faudra qu’à l’occasion, j’essaie avec ma petite famille à moi. Je ne suis pas certain que ça marche aussi bien. Nos deux petits « marcassins » ne sont malheureusement pas aussi dociles.
L’instant, aussi agréable qu’éphémère, est magique.
Toutefois, après vérification, je constate que nous sommes bel et bien sur le sentier dit « du renard ». Je suis d’autant plus étonné qu’avant-hier, nous avions certes aperçu un cousin de Goupil, l’air rusé et l’œil vif, mais ce n’était même pas sur le chemin dit « du sanglier », ce qui aurait pu être le signe d’une simple inversion, mais sur celui dit « du chevreuil ».

Un trio de ces animaux-là nous est d’ailleurs lui aussi apparu, mais même pas sur un sentier, juste à l’orée du bois.
Nous avons également, à la tombée de la nuit, croisé le chemin d’un blaireau, alors que celui-ci n’a visiblement même pas de sentier.
Le désorganisation semble pleinement confirmée. Je tiens toutefois, avant tout, à chaleureusement remercier les baliseurs des sentiers VTT et pédestres, qui sillonnent les prairies et les forêts salvetoises, aux confins de l’Hérault et du Tarn.
Pourtant, peut-être y aurait-il moyen de faire paraître une note de service ou un courrier aux délégués syndicaux de la faune locale, ou une petite réunion d’information, afin que chaque espèce animale soit à sa place respective…
Également, pourrait-on communiquer les horaires de passage, par exemple pour les photographes en herbe, peu patients et peu doués ? Non, je ne parle pas en mon nom mais bien pour le collectif…

Trêve de plaisanterie. Certes la nature est capricieuse, mais c’est bel et bien là tout ce qui fait son charme.
Armez-vous de patience, faites-vous discrets, fondez-vous dans le sous-bois et vous serez régulièrement récompensé(e).
Si votre intention est de photographier la vie sauvage, petit conseil, évitez d’avoir votre matériel rangé dans sa sacoche, au fond du coffre de la voiture dont les clés se trouvent quelque part au fond du sac à main de votre épouse…

Avis aux randonneurs curieux : ne cherchez pas ces sentiers trop longtemps, car ils n’existent plus !