Noms d’oiseaux en Haut-Languedoc

Nouvelle histoire de vacancier en villégiature aux Chalets du Gua des Brasses… Entouré d’oiseaux il se découvre ornithologue amateur…

Le déjeuner champêtre s’achève sur une gourmandise chocolatée (nous avons la chance d’avoir à La Salvetat un excellent chocolatier !). Une petite promenade digestive s’impose. Nous avons choisi l’aire de pique-nique la plus bucolique d’Europe. Bon, je le concède, je ne les connais pas exactement toutes mais si vous passez par le charmant village de Fraïsse-sur-Agoût, faites un petit détour près du croisement de deux jolies rivières où des tables et un barbecue, le tout en pierres massives, vous attendent. Vous ne pouvez guère vous tromper le lieu se situe tout près de l’aire de camping-car.
Après avoir flâné à travers les rues et ruelles, dû traverser la cour de l’école, qui n’est autre que la place principale, et longé le parcours de pêche aménagé sur les rives de l’Agoût, je sens qu’il est l’heure d’une petite sieste.
Tandis que peu à peu mes paupières s’alourdissent, je me laisse glisser vers le sommeil.
Sur une branche d’un saule, que j’ai choisi pour son accueillant ombrage, s’est posé un minuscule petit oiseau qui a visiblement beaucoup à raconter. Certes la mélodie qu’il entonne est agréable mais il la chante fort et il ne varie pas d’une note l’air qu’il répète sans fin d’une façon particulièrement métronome. C’est un peu agaçant… Le piou-piou, au demeurant très mignon j’en conviens, a fini par avoir raison de mes velléités somnolentes.
En fait, je me demande pourquoi c’est cet oiseau-là en particulier que je ne fais qu’entendre car nous sommes dans un véritable petit parc ornithologique sauvage.
Des canards colvert glissent sur la rivière. Il y a toute la famille et cinq ou six canetons suivent leur mère sans que je puisse distinguer si le vilain petit canard est ou non parmi eux.
Un héron cendré, calme et stoïque semble veiller sur eux.
Un martin-pêcheur rouge et bleu s’agite à la surface de l’eau.
Une buse, non pas triple, toute simple, depuis le piquet d’une clôture, veille sur son champ, visiblement à l’affût de quelques éventuels petits rongeurs à se mettre sous le bec.
Une bergeronnette grise se tient d’elle à une bonne distance et ne cesse de la surveiller avec méfiance.
Un pic tout noir tapote sans fin contre un frêne ou un hêtre, je ne sais pas trop.
De l’autre côté du pré à vaches, nous apercevons un coloré faisan qui chemin faisant ne cesse de s’égosiller, sûrement dans l’espoir d’être entendu par une jolie demoiselle de son espèce.
Perchée sur un pieu de bois, une petite chouette, peut-être insomniaque, ou elle aussi dérangée par le bruyant moineau, fait face à un faucon à peine plus grand qu’elle.
Bien d’autres «zoziaux» en tout genre volettent de-ci de-là. Certains d’entre eux sont des OVNI (oiseaux volants non identifiés).
De retour aux Chalets du Gua des Brasses, c’est notre fils qui, intrigué, retrouve le coupable sur un site de chants d’oiseaux : il s’agit en fait du pinson dit «des arbres». Bien que placé derrière une vitre sans tain, je le reconnais formellement au milieu d’une poignée d’autres suspects.
En fouillant dans un livret du Parc naturel régional du Haut-Languedoc trouvé à la réception, «Carnet oiseaux», je constate qu’en guise de buse toute simple, il s’agissait en fait d’une circaète Jean-le-Blanc, excusez du peu… Et la fameuse petite chouette était une chevêche d’Athéna.
Je ne m’étais trompé ni pour le martin-pêcheur ni pour la bergeronnette, mais ce que j’avais pris pour un vague rouge-gorge, que je n’avais même pas cru bon de citer, était une linotte mélodieuse. En même temps, elle avait n’avait pas cru bon de se présenter…
Un tout jaune que j’aurais bien nommé loriot était en fait un verdier d’Europe. Celui avec une huppe était bien une huppe mais dite «fasciée», dont le nom occitan «Puput» viendrait de son caractéristique chant faisant «houpoupoup» «hourra» (non, hourra, c’est moi qui le rajoute…).
Le petit faucon, lui, était dit crécelle, tandis qu’un oiseau rouge et blanc, si minuscule que c’est tout juste si je l’avais aperçu, se nommait pie-grièche à tête rousse, soit à peu près un mot par gramme…
Je m’excuse auprès de tous ceux que je n’ai pas cités, par exemple un couple de pies pas grièches et maître corbeau sans son fromage mais lui aussi sur son arbre perché.
En tout cas, simples amateurs ou carrément passionnés d’ornithologie, n’hésitez surtout pas à venir flâner avec vos jumelles dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc. Franchement,  il y a de quoi faire…
Réservez votre gîte aux Chalets du Gua des Brasses, où les oiseaux des forêts, des campagnes et des bocages sont rois, des villages et des rivières sont princes ! 

 «Carnet Oiseaux» édité par le Parc naturel régional du Haut-Languedoc, consultable en ligne ici